RYTHMES SCOLAIRES : NOTRE REPONSE A LA MAIRIE le 3 juillet 2014

Notre intervention au conseil municipal le 3 juillet 2014 en réponse au rapport de la mairie

La réforme des rythmes scolaires se justifie par de bonnes intentions :
D’une part, faire classe le matin, le moment où les enfants sont le plus attentifs comme tous les chercheurs, les enseignants et les parents le confirment,
D’autre part, permettre aux enfants de pratiquer des activités culturelles et sportives, accessibles à tous.
Or la mise en place des rythmes scolaires que vous proposez ne répond pas à l’esprit de la réforme sur ces 2 points et ne met pas en avant l’intérêt de l’enfant. Il s’agit plutôt de faire primer des considérations d’organisation ou financières, en particulier pour la ville.

Considérons d’abord l’organisation de la matinée de classe.
Vous avez refusé à priori tout débat sur le choix de la ½ journée : mercredi ou samedi ? L’argumentaire développé était l’absentéisme en particulier des maternelles au profit de l’organisation du week-end des parents.
Alors la classe aura lieu le mercredi matin, mais seulement pendant 2 heures, au lieu des 3 heures d’enseignement habituel. Avec les 10 mn de coupure nécessaire entre les 2 heures d’enseignement, chacun peut constater le peu d’efficacité en termes d’apprentissage pour les enfants pendant ces 2 heures du mercredi et anticiper que l’absentéisme des maternelles sera aussi notable. Mais l’intérêt non dissimulé pour la ville était qu’avec une heure de sortie à 10h30, elle n’était pas en charge du reste de la journée pour les enfants, à savoir le repas et l’accompagnement au centre de loisir. Mais les parents ne l’ont pas entendu comme cela et ont à juste titre, demandé à la mairie de revoir son dispositif en prévoyant cantine et accueil le mercredi après la classe. Il en résulte dans les écoles Jaurès, Mouilleboeufs et Brossolette non équipées en centre de loisir, un accueil bricolé hors des classes dans l’école, où des enfants pourront rester en garderie de 10h30 à 18h30 !
Notre première proposition est de revoir les modalités de la matinée de classe supplémentaire. Il est à noter qu’un horaire de 3 heures de classe pour cette matinée a été appliqué dans toutes les communes du 92, sauf à Chatenay-Malabry.
L’autre point de la réforme était d’offrir à tous les enfants des activités après l’école.

Traitons tout de suite de ce qui est un tout autre sujet que les temps d’activités périscolaires, mais que vous rappelez à chaque fois : les actions d’intervenants extérieurs sportifs et culturels pendant le temps scolaire. Ce soutien au maitre ou à la maitresse est intéressant et mérite d’être conservé comme dans d’autres villes comme Paris … mais il ne touche pas tous les enfants car des classes n’ont pas l’apport d’un intervenant extérieur comme en maternelle, ou en élémentaire quand il n’y a pas de projets pédagogiques développés par les enseignants. Cette intervention de professionnels est à la discrétion des maires : à Paris par exemple, 1 heure d’activités plastiques et 1 heure de musique sont accompagnées ; à Châtenay, c’est plus modeste pour les activités culturelles, il s’agit de moins d’une heure par semaine pour chaque classe inégalement répartie entre les écoles. Ainsi pour les 17 classes élémentaires de l’école Jules Verne cette année, il y avait 5 heures par semaine d’intervenant en musique et 5h30 en arts plastiques. Ce soutien est précieux mais n’est pas le sujet de ce jour car il s’agit de temps scolaires qui sont mis en place par l’éducation nationale, comme pour tout enseignement de l’école.

Ce n’est pas comparable aux attendus de la réforme, soit les 3 heures d’activités périscolaires par semaine et par enfant comme stipulé dans la Projet Educatif Territorial. Vous avez décidé de les réduire à 2 heures par semaine, le mardi et le jeudi, en les plaçant en même temps que l’étude. Elles seront encadrées par les animateurs actuels de la garderie, avec un niveau BAFA ou non diplômés, et 6 thèmes ont retenus en fonction des capacités listées de ces animateurs. Ces derniers auront-ils une formation spécifique pour cet encadrement, un lieu dédié dans l’école autre qu’une classe ou un aménagement dans la garderie, auront-ils un budget propre leur permettant de mettre en place leur activité, comme les activités manuelles ou scientifiques ? Les 6 activités listées seront-elles accessibles dans toutes les écoles au cours de l’année ? Tous les enfants qui le souhaitent pourront-ils être accueillis dans une activité donnée, plusieurs fois dans l’année s’ils le souhaitent ?
Nous proposons que ces questions soient prioritairement traitées par la mairie pour une mise en place efficiente des TAP. En effet, Les TAP coutant aux parents l’équivalent de l’étude qui elle, est encadrée par des maitres et maitresses, il serait totalement incohérent de ne pas proposer un niveau qualitatif supérieur à la garderie de soir, dans l’intérêt des enfants et pour répondre à l’effort financier demandé aux familles ainsi qu’à l’esprit de la réforme. Sinon, le risque est grand d’assister à une désaffection des TAP, enfants et familles se rendant compte qu’il ne s’agit que de garderie, renommée pour satisfaire à la réforme.
Or le problème est que rien n’a été anticipé par la ville et seulement en ce mois de juin ont été définis l‘organisation des TAP, les accueils du mercredi –cantine et accueil de loisirs- et le projet éducatif territorial. Depuis 2 ans que cette réforme est annoncée, nous regrettons
1° qu’aucune information n’ait été largement diffusée aux Châtenaisiens avant le bulletin municipal de ce mois de juin,
2° qu’aucune concertation large des personnes concernées –parents, enseignants, éducateurs…- n’ait été menée en amont, avec enquête pour connaitre les souhaits et aussi les demandes et organisation de parents à la prochaine rentrée. Cela aurait permis de mettre en place une organisation opérationnelle dès septembre au lieu d’attendre de voir comment les parents vous se débrouiller pour réagir,
3° qu’aucun projet éducatif n’ait primé sur les considérations organisationnelles et financières. C’était le moment , avec la signature du PEDT, « projet visant à articuler les temps scolaires et périscolaires au service d’objectifs éducatifs communs », de mettre en synergie les activités hors enseignements fondamentaux, comme les activités sportives et culturelles, entre le temps scolaires et les TAP, en associant les équipes enseignantes, les animateurs et les intervenants dans un projet commun plutôt que de laisser s’installer une coupure entre les équipes et les apprentissages des enfants,
4° qu’aucune volonté politique de faire bénéficier à tous les enfants, les Temps d’Activités Périscolaires, n’ait vu le jour. Au contraire, l’organisation retenue met en concurrence les TAP avec l’étude dans le même créneau horaire, ce qui permet à la ville de réduire le nombre d’enfants participants et donc de réduire les coûts d’encadrement. D’autres organisations existent, en positionnant les TAP sur les temps dégagés par la matinée supplémentaire de classe.
Dans cette situation, nous voulons rester focalisés sur l’intérêt des enfants et nous ne nous opposerons pas à cette délibération. Toutefois nous sommes déterminés à ce que la mise en place de la réforme soit une réussite, c’est pourquoi nous demandons que les retours d’expérience des personnes concernées, parents, éducateurs, enseignants, puissent être entendus très vite et que des réunions publiques soient organisées dès la fin du premier cycle des TAP, au retour de vacances de Toussaint pour prendre les premières mesures correctrices. Nous demandons également qu’une consultation générale exhaustive de ces personnes soit organisée sous forme d’enquête en janvier pour préparer en amont la rentrée suivante.

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