LES RYTHMES SCOLAIRES : Quand une bonne idée tourne au désastre …

Quand une bonne idée tourne au désastre ou comment éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain !
La réforme des rythmes scolaires, c’est une meilleure répartition des 24 heures de classe sur la semaine, surtout et avant tout pour un meilleur équilibre et la réussite des enfants !
Depuis plus de trente ans, enseignants, médecins, chronobiologistes dénoncent la semaine de 4 jours à l’école. En 2010, s’appuyant sur de nombreuses auditions et études, la mission parlementaire d’information sur les rythmes scolaires préconisait l’abandon de la semaine de quatre jours. Et en 2011, dans « l’appel de Bobigny », enseignants, parents, associations d’éducation populaire et collectivités territoriales n’en demandaient pas moins.
Appel de Bobigny, assisses nationales de l’éducation, proposition 7
Pour améliorer les rythmes de vie et de travail des enfants et des jeunes, très rapidement il faut un cadre national, décliné dans les projets éducatifs de territoire et les projets éducatifs d’établissement. Il doit prendre en compte les préconisations de l’Académie de médecine à propos de l’école primaire.
Il faut donc alléger la journée et adapter le travail scolaire aux temps favorables aux apprentissages, alterner et équilibrer dans la journée les différentes formes de regroupement, les différentes activités et disciplines, les formes de travail, garantir la pause méridienne, refuser la semaine actuelle de 4 jours et prioriser un rythme annuel alternant 7 semaines scolaires et 2 semaines complètes de vacances intermédiaires, définir un volume annuel d’heures d’enseignement. Ce cadre national doit préconiser l’articulation des temps éducatifs et sociaux, leur mise en cohérence et la coopération éducative de tous.
La conférence nationale sur les rythmes, convoquée par le Ministère à l’initiative de partenaires des Assises, doit commencer par acter ce cadre national pour ne pas reporter les premières décisions. Elle doit permettre ensuite de travailler avec tous les acteurs concernés pour dépasser les conflits d’intérêts et définir les moyens de sa mise en œuvre.

Depuis, tous les rapports récents émanant de l’Académie de médecine, de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires, de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, de la Cour des comptes, de l’Inspection générale de l’Education nationale montrent les méfaits de l’organisation du temps scolaire sur quatre jours tant pour l’école primaire que pour les établissements secondaires.
Toutes les déclarations des responsables politiques au cours de ces quatre dernières années vont dans le même sens.
Il faut en priorité revenir à un étalement des apprentissages sur cinq jours et penser à une organisation annuelle plus pertinente.
L’articulation scolaire/périscolaire doit être considérée comme une « ardente obligation » éducative au service de l’enfant et essentielle dans la construction du projet.
L’accès pour tous les élèves aux activités artistiques, culturelles et sportives marque la véritable démocratisation de ces pratiques.
Comme le Président de la République l’a affirmé à la Sorbonne le 9 octobre 2012, la politique des rythmes scolaire et de vie de l’enfant et des jeunes est un véritable « levier » de changement. Et le Code de l’éducation actuel introduit suffisamment de souplesse pour que chacun des acteurs concernés par cette politique ambitieuse trouve sa voie dans un véritable travail partenarial innovant au service de l’enfant et du jeune.

 

En complément :
• Sur le site de la FCPE : http://www.fcpe.asso.fr/index.php/agir/item/1032
« L’idée, c’est que les parents puissent échanger, qu’ils puissent partager leurs expériences. Que les parents inquiets par la mise en place de la semaine de 4 jours et demi dans leur commune à la rentrée prochaine puissent être rassurés par ceux qui vivent déjà ce changement depuis septembre » par la FCPE d’Ile et Vilaine

• Sur le site du ministère de l’Education Nationale : http://www.education.gouv.fr/pid29074/rythmes-scolaires.html‎

• Sur le site de la ligue de l’enseignement : http://www.laligue.org/lappel-de-bobigny/

• L’ORTEJ : l’observatoire des rythmes et des temps de vie des enfants et des jeunes, créé en janvier 2014 par L’ANDEV, l’ATPS, l’AFPSSU, la CASDEN-BP, les DDEN, la FDDEN, les EEDF, la FCPE, l’équipe recherche Société, Education, Travail (U. de Tizi-Ouzou), l’OCCE, le SE-UNSA, le SGEN- CFDT, le SIEN-UNSA, le SNPDEN, l’Université de Tours, et des personnalités de la recherche et de l’enseignement.

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